Le reportage photo

Les prémices du projet

En 2011 des aménagements éphémères durables ponctuent déjà le futur espace d’écoconception paysagère de l’ATH. L’ensemble est néanmoins peu visible sur place du fait de la présence d’un maillage de haies de Berberis et de Physiocarpus taillées de façon stricte.

 

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La présence d’un rucher pédagogique sur cet espace contraint à une fréquence d’entretien limitée et conduit au fil des années à une réflexion sur le devenir de la zone.

 

Parallèlement des démonstrations basées sur le végétal horticole et local sont installées à partir de 2010:

  • Expérimentation en réseau national sur les densités et association d’arbustes (partenariat avec Plante&Cité et Les Arbusticulteurs)
  • Placette de 50 arbustes isolés avec réflexion sur la strate herbacée couvre-sol (vivaces, graminées ornementales, bulbes)
  • Haies locales thématiques et brise-vent
  • Haies horticoles thématiques
  • Prairie en fauche tardive

Tous les enseignements recueillis au fil des expériences permettent l’émergence d’une réflexion sur le concept d’écoconception paysagère au sein de l’atelier.

 

Le projet amorcé en automne 2015

 

L’état des lieux en septembre 2015 : un espace à réaménager en tenant compte des potentialités

Une variété d’arbres tiges d’ornement de petit gabarit, un espace clos par des haies mais ouvert sur le boulevard du 14 juillet, un linéaire de buis taillé à déplanter et à mettre en culture en pépinière, un contexte pédoclimatique à respecter : sol limono-argileux à bonne teneur en matière organique (analyse de sol réalisée)

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Deux accès mènent à la zone de travail : un axe majeur en enrobé le long des arbres d’alignement et un chemin piétonnier qui sillonne à travers la zone d’expérimentation

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Les travaux préliminaires

Compte-tenu de l’état des lieux, un plan d’action de démontage des aménagements pérennes de 2011 et d’arrachage des haies de berberis et de physiocarpus est mis en oeuvre

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La zone est décloisonnée et une nouvelle lecture de l’espace est possible.

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Le piquetage

L’allée qui mène au rond-point constitue l’axe majeur duquel découle l’installation du piquetage des bandes axiales

Dans un second temps la haie le long de la clôture permet de piqueter le jardin d’éveil par un jeu de perpendiculaires.

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Le terrassement

Au niveau de la zone d’écoconception, le projet suscite peu de mouvements de terre ; le rond-point propose en son centre une dépression de 70 cm de profondeur afin de recueillir la biomasse issue du désherbage et des futurs tailles arbustives raisonnées, et symboliquement évoque la possibilité de stocker provisoirement les eaux de ruissellement de la chaussée. Les déblais de ce décaissement sont étalés sur la périphérie et par conséquent il n’y a aucune évacuation (ni d’apport) de terre végétale.

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Par contre, la création du fossé à redents occasionne un déblai de 25 m3. La terre végétale extraite est déplacée à proximité pour consolider un merlon anti-intrusion.

  

 

Les travaux de maçonnerie et de constructions paysagères

 

L’axe menant au rond-point et la première bande axiale de 7 mètres linéaires constituent l’amorce en matière de travaux maçonnés, à partir de fournitures de récupération (dalles gravillonnées 50×50 et pavés autobloquants S).

L’axe était déjà partiellement présent, plus précisément ses bordures en pavés béton : les dalles sont posées à la manière des pas japonais et le vide sera comblé par un semis du mélange Ecotrifolium (Top Green) à faible entretien (le pourtour du rond-point sera occupé par le même mélange).

Les pavés autobloquants sont utilisées à chant pour matérialiser les bordures hautes que l’on retrouve en bord de voirie (bordures T ou A) et pour maintenir au mieux le paillis.

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Afin de matérialiser le rond-point, des poutres en chêne de section 10x15x100 cm sont installées et fixées avec des fers à béton. Les poutres reposent sur lit de tout-venant compacté à la dame à main.

  

Par la suite, la bordure intérieure faite de troncs couchés de bouleau (provenance : chantier de la filière Gmnf) est posée

 

Les poutres servent aussi à créer le petit espace d’accueil horticole du jardin pédagogique d’éveil à la nature

 

Cet aménagement comprend aussi la création d’une palissade en cannes de bambous, éléments qui proviennent de l’ATH. Elle constitue la limite entre un monde végétal maîtrisé (végétaux horticoles, la plupart des cultivars, un pavage géométrique et un tressage toujours de cannes de bambous pour habiller la face d’un massif de véroniques arbustives (face mise à nue lors des travaux d’arrachage de la haie de berbéris attenante)

     

D’autres petites constructions viennent structurer l’espace : une délimitation éphémère des haies fruitières à l’aide de voliges en sapin, la structure de palissage des haies fruitières, les pas japonais (issues du démontage d’un cèdre de l’EPL), la clôture du jardin d’éveil à la nature, de l’espace d’écoconception, le tressage de branches de saules.

      

 

Un composteur et son lombriscope sont créés par les éco-délégués.

 

 

La végétalisation

Elle constitue le vernis du projet et son originalité réside dans le choix des gammes végétales : du végétal horticole pour la maîtrise et la variété des formes, des couleurs, des tailles ; du végétal local sauvage bien sûr pour le gain en terme de biodiversité (animale et végétale) mais aussi pour la re-découverte des végétaux communs de nos prairies, de bords de routes, de talus, de zones humides. Ces végétaux sont aussi consommables pour certains d’entre eux, et s’adaptent très bien à nos conditions de sol et de climat. Le projet, soit met en opposition les deux gammes végétales (jardin d’éveil à la nature, pour que les scolaires identifient clairement leurs différences), soit propose un compromis (rond-point avec espèces sauvages semées et plantées qui partagent l’espace avec des composition horticoles multistrates). Et l’acceptation de la plante locale va plus loin puisque la flore spontanée est acceptée et choisie au cas par cas dans tous les modules proposés.

Le travail du sol préalable est réalisé manuellement voire avec des engins thermiques qui n’occasionnent pas de tassement du sol

 

La haie multistrate du particulier

Le déplacage du gazon remplace le traitement chimique au désherbant systémique et délimite une surface de travail lisible.

 

Une volige en sapin adossée au grillage permet d’amener une épaisseur de paillis. Les arbustes caducs sont espacés d’un mètre afin de laisser leur port s’exprimer. Le paillis est déposé au pied de l’arbuste, et l’espace restant occupé par une trentaine d’espèces vivaces locales

 

Les bandes axiales d’accompagnement de voirie

Le principe est d’illustrer la bande végétalisée qui accompagne la chaussée carrossable de nos boulevards ou routes communales. La visibilité, l’esthétique et le faible entretien sont des critères qui permettent l’élaboration d’une gamme végétale. Dans le cas présent la résistance aux sels de déneigement et aux projections d’hydrocarbures et micro-polluants n’est pas testée. Une ligne centrale d’arbustes de petits gabarits est bordée par des plantes vivaces couvre-sol. Un paillis grossier à base de chêne provenant d’une scierie locale permet de conserver une certaine humidité au niveau du sol, la flore spontanée étant acceptée au cas par cas.

Première bande végétalisée de 7 mètres linéaires

Par exemple, la silène enflée, l’achillée millefeuille et le plantain lancéolé sont tolérés car ils participent aussi à la couverture du sol, mais sont maîtrisés pour éviter une multiplication par leurs graines.

La deuxième bande de 13 mètres linéaires a été bordurée provisoirement avec des voliges en sapin.

 

 

Le rond-point

La motobineuse permet de préparer le sol en surface pour les futures plantations et semis. Un noisetier prélevé dans son milieu naturel est implanté au centre de la dépression.

Les massifs arbustifs multistrates (petits arbustes en lisière – arbustes de bourrage et grand arbuste) sont plantés en premier et paillés.

Des cagettes de sédums issus d’un mur végétal déconstruit sont réutilisés sur la bordure du rond-point

 

Les autres surfaces sont semées à l’aide d’un mélange de plantes à fleurs rudérales au centre et de plantes de bordure d’origine locale.

La forte contrainte rencontrée au cours des travaux de plantations réalisés à partir du mois de mars est l’apparition de végétaux indésirables. Le travail du sol et la mise à nu provisoire a permis la germination d’une très forte proportion de Rumex, qui couvrait fortement le rond-point, l’allée de circulation ainsi que la haie fruitière de pommier. Les jeunes plantules issues du semis ont ainsi été concurrencés dans leur développement par cette espèce envahissante. Trois stratégies sont alors mises en oeuvre : un nouveau travail du sol pour extirper la totalité des Rumex, l’arrachage systématique du système foliaire pour épuiser le végétal, une couverture opaque par cartonnage. Les trois techniques sont efficaces et à adapter selon l’endroit à traiter.

Le rumex en cours d’arrachage                    Le bâchage

l’arrachage de feuilles

Zoom sur le Rumex et son système racinaire pivotant, capable de se multiplier avec un petit fragment

Ce végétal a néanmoins eu le mérite de protéger sous son feuillage large les plantules du semis durant la période caniculaire de l’été 2016.

 

La zone a nue après arrachage a été plantée avec les végétaux vivaces expérimentés dans le cadre du programme Végétal local par l’Arexhor Seine-Manche (végétaux élevés au sein de l’ATH en 2016). Une vongtaine de végétaux sauvages sont ainsi testés

Les bordures ont aussi été complétées avec cette gamme de plantes.

 

Les haies fruitières…

La haie de poiriers a été couverte très rapidement d’une flore spontanée avec une dominante de Resedea luteola.

La haie de pommiers est volontairement plantée pour une partie de végétaux sauvages issus de la filière de production expérimentée par l’Arexhor Seine-Manche ; un semis de graines du CNBB complète la gamme, ainsi que des végétaux spontanés choisis

 

 

Le jardin pédagogique d’éveil à la nature

Le jardin horticole accueille le public avec une gamme de végétaux aux couleurs et aux formes variées.

 

Il comporte des ouvrages construits tels que le cheminement en pavés béton, un tressage pour cacher les parties mises à nu de la véronique arbustive et un treillage de séparation fait main qui permet le passage vers le jardin sauvage.

 

 

 

Le jardin sauvage comporte en son centre un mélange de fleurs de prairie mésophile, et au tour une haie plurispécifique sur deux lignes, deux bosquets, et un espace dédié aux végétaux consommables (petits fruits rouges et espèces aromatiques).

 

Le fossé à redents

Il récupère les eaux pluviales de toiture des tunnels attenants (500 m2 de toiture), et comporte 5 bassins séparés par des redents. Le premier bassin légèrement imperméabilisé avec de l’argile marneuse du site est quasiment toute l’année humide.

Le trop-plein est déversé vers un autre fossé.

La végétalisation a été choisie pour s’adapter à de fortes amplitudes d’humidité.